Passation des Marchés de Services de Consultants
SN-MCTN-567507-CS-QCBS
Termes de références pour les services de Consultant (cabinet) pour l’étude des besoins en infrastructure technique de la Plateforme d’Interopérabilité Nationale du Sénégal (PINS) basée sur X-Road
- Réf. Contrat : N°SN-MCTN-567510-CS-INDV
- Projet : Projet d’Accélération de l’Economie Numérique au Sénégal (PAENS)
- Pays : Sénégal
- Financement : Banque Mondiale / Crédit : IDA 72690
- Client : Gouvernement du Sénégal
- Autorité Contractante : Ministère des Télécommunications et du Numérique (MTN),
- Partenaire de mise en œuvre sur la mission : SENUM
- Numéro du Projet : P172524 SEN/IDA
Août 2026
Table des matières
1. Contexte et justification. 3
3. Principes directeurs d’architecture. 7
4. Étendue et périmètre de la mission. 8
4.1 Composantes techniques concernées. 8
4.2 Volet spécifique confiance numérique et intégration PKI-SN.. 9
5. Prestations attendues du cabinet 9
5.1 Revue documentaire et cadrage. 9
5.2 Collecte et consolidation des besoins. 9
5.3 Diagnostic de l’existant 9
5.4 Définition de l’architecture technique cible. 9
5.5 Modèle économique et d’exploitation de la PINS. 10
6. Exigences relatives à la confiance numérique et à l’intégration avec la PKI-SN.. 10
6.1 Analyse des besoins de confiance numérique. 10
6.2 Exigences d’intégration avec la PKI-SN.. 11
6.3 Besoins d’infrastructure liés à l’usage de la confiance numérique par la PINS. 11
6.4 Gouvernance et exploitation de l’usage des certificats par la PINS. 11
6.5 Cycle de vie des certificats utilisés par la PINS. 11
6.6 Exigences de disponibilité. 12
6.7 Exigences de disponibilité. 12
6.9 Exigences de disponibilité. 12
6.10 Exigences de performance. 12
6.11 Exigences de sécurité. 12
6.12 Exigences d’exploitabilité. 13
9. Méthodologie indicative. 15
Phase 1 – Lancement et cadrage. 15
Phase 2 – Collecte des données et diagnostic. 15
Phase 3 – Analyse, modélisation et scénarios. 15
Phase 4 – Restitution intermédiaire et arbitrages. 16
10. Durée indicative de la mission. 16
12. Modalités de pilotage et de validation. 16
13. Critères de qualité attendus. 17
14. Méthode de sélection du Consultant 17
1. Contexte et justification
Le Projet d’Accélération de l’Economie Numérique au Sénégal (PAENS), financé par la Banque Mondiale à hauteur de 144,9 millions d’Euros, a pour objectif de développement « d’étendre l’accès à une connectivité à large bande abordable et résiliente aux changements climatiques et améliorer l’adoption des services gouvernementaux en ligne et des dossiers médicaux électroniques ».
Le projet se déroule sur la période 2023 – 2028 et comporte cinq (5) composantes principales :
- Composante 1 : Renforcement de l’environnement juridique, réglementaire et institutionnel de l’économie numérique tenant compte du climat : 5,796 millions d’Euros.
- Composante 2 : Développement de la connectivité numérique à large bande et l’inclusion numérique : 53,128 millions d’Euros.
- Composante 3 : Soutien à l’adoption du numérique : 33,810 millions d’Euros.
- Composante 4 : Santé digitale : 44,436 millions d’Euros.
- Composante 5 : Gestion de projet : 7,730 millions d’Euros.
Les acteurs clé du projet sont le Ministère des Télécommunications et du Numérique (MTN) et le ministère de la Santé et de l’Action Sociale (MSAS) dont des démembrements et structures sous tutelle en sont les partenaires de mise en œuvre. Il s’agit pour le MTN de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), du Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT), de Sénégal Numérique SA (SENUM SA) et de directions internes, pour le MSAS de la Cellule de la Carte Sanitaire et Sociale, de la Santé Digitale et de l’Observatoire de la Santé (CSSDOS).
La gestion de projet est assurée par une unité de coordination et deux unités d’exécution comprenant une vingtaine d’experts et de spécialistes dans divers domaines.
Dans le cadre de la composante 2.1 du PAENS et de la mise en œuvre de la stratégie New Deal Technologique, le Sénégal s’est engagé dans le développement d’infrastructures numériques structurantes destinées à améliorer l’efficacité administrative, la qualité du service rendu, la fluidité des échanges interinstitutionnels et la confiance dans les services publics numériques.
La Plateforme d’Interopérabilité Nationale du Sénégal (PINS), fondée sur X-Road, s’inscrit dans cette dynamique en tant qu’infrastructure de confiance permettant des échanges sécurisés, normalisés, traçables et gouvernés entre les systèmes d’information des administrations, organismes publics et, le cas échéant, partenaires habilités.
La soutenabilité et la performance d’une telle plateforme reposent toutefois sur une infrastructure technique adéquatement dimensionnée, sécurisée, résiliente et exploitable.
Cette infrastructure doit couvrir non seulement les capacités de calcul, de stockage, de connectivité, de supervision et de continuité de service, mais également les mécanismes de confiance numérique indispensables au fonctionnement de X-Road.
À cet égard, les services de confiance numérique constituent un prérequis opérationnel au fonctionnement sécurisé de la PINS. La présente étude ne vise pas à créer une PKI dédiée à la PINS ni à se substituer au projet national PKI-SN ; elle doit plutôt préciser les exigences d’interfaçage de la PINS avec l’infrastructure nationale de confiance numérique existante ou en cours de déploiement, notamment pour l’authentification des composants X-Road, la gestion des certificats, la signature, le chiffrement, la validation des identités techniques, la traçabilité et la maîtrise des relations de confiance.
Par ailleurs, le Sénégal dispose déjà d’un patrimoine infrastructurel important porté par SENUM, comprenant notamment des capacités réseau, des centres de données existants (Orana, Technopole, Diamniadio) et une logique de mutualisation des infrastructures de l’État.
La mission est également complémentaire à l’étude d’Architecture d’Entreprise Gouvernementale (AEG) : l’AEG fixe le cadre de cohérence, les principes d’urbanisation et les standards institutionnels, tandis que la présente étude traduit ces exigences en besoins d’infrastructure, de sécurité, de résilience, d’exploitation et d’intégration pour la PINS ( Jokkoo Senegal ). Toute architecture proposée devra donc démontrer explicitement son alignement avec l’AEG et le Cadre National d’Interopérabilité.
Dans ce contexte, la mise en place d’une infrastructure nationale d’hébergement dédiée à l’interopérabilité doit répondre à plusieurs impératifs :
- assurer la continuité des échanges inter-administrations même en cas de panne majeure ;
- garantir des performances stables malgré l’augmentation progressive des flux ;
- mettre en œuvre une haute disponibilité compatible avec les exigences d’un socle numérique national ;
- tirer parti des data centers nationaux et sectoriels existants dans un modèle d’architecture fédérée ;
- éviter une sur ingénierie initiale, en privilégiant une montée en charge progressive, – rationalisée et maîtrisée.
Le présent définit les termes de référence d’une mission d’étude destinée à établir les besoins en infrastructure technique, en sécurité, en résilience, en exploitation et en confiance numérique nécessaires au déploiement durable de la Plateforme d’Interopérabilité Nationale du Sénégal (PINS) reposant sur X-Road.
2. Objet de la mission
La présente mission a pour objet la réalisation, pour le compte de SENUM, sous le pilotage institutionnel du Ministère des Télécommunications et du Numérique (MTN), d’une étude détaillée des besoins en infrastructure technique requis pour le déploiement, l’exploitation, la montée en charge et la pérennisation de la Plateforme d’Interopérabilité Nationale du Sénégal (PINS), basée sur X-Road.
Elle vise à définir, sur des bases techniques, organisationnelles et budgétaires robustes, l’architecture cible d’hébergement de la PINS, les environnements requis, les composants critiques à mettre en place, les exigences opérationnelles associées, ainsi que les prérequis d’interfaçage avec l’infrastructure nationale de confiance numérique, notamment la PKI-SN. Cette démarche devra s’inscrire dans une perspective de sécurité, de souveraineté numérique, de résilience, de performance, d’exploitabilité, de continuité de service et de montée en charge maîtrisée.
La mission devra, dans un premier temps, analyser l’environnement existant susceptible d’accueillir ou de supporter la PINS, notamment en matière d’hébergement, de réseau, de sécurité, de supervision, de sauvegarde, de reprise d’activité et d’exploitation. Cette analyse devra permettre d’apprécier la capacité des infrastructures actuelles à supporter le déploiement initial de la plateforme, ainsi que son évolution progressive vers une architecture nationale robuste, résiliente et extensible.
Elle devra également identifier les exigences fonctionnelles et non fonctionnelles induites par les cas d’usage prioritaires. Ces cas d’usage seront fournis par le MTN/SENUM ou, à défaut, identifiés et priorisés par le cabinet au démarrage de la mission, en tenant compte des volumes d’échanges attendus, de la criticité des services, des contraintes de performance, des besoins de sécurité, des exigences de disponibilité et de l’intégration progressive des administrations.
La mission devra notamment permettre de concevoir une architecture de référence selon une approche progressive de type « Start small & scale », en déployant un socle technique initial opérationnel, sécurisé, extensible et compatible avec les exigences de haute disponibilité, de supervision, de sauvegarde, de reprise d’activité et d’amélioration continue. Elle devra également préparer l’évolution vers une architecture nationale multi-sites, intégrant progressivement les data centers nationaux et sectoriels, tout en évitant une architecture surdimensionnée dès la phase initiale.
Les besoins spécifiques de mise en œuvre de la PKI demeurent traités dans l’activité dédiée du PAENS. La présente mission devra donc uniquement identifier les prérequis, dépendances, interfaces et exigences de confiance numérique nécessaires au bon fonctionnement de la PINS, sans financer ni dupliquer les activités propres au projet PKI national. À ce titre, elle devra préciser les exigences d’intégration avec la PKI-SN, notamment la chaîne de confiance applicable, les certificats requis par X-Road, les mécanismes de validation de statut, les impacts éventuels sur la disponibilité de la plateforme et les mesures de mitigation associées, sans prescrire ni financer une PKI dédiée à la PINS.
À ce titre, le prestataire devra proposer une architecture permettant de :
- garantir la haute disponibilité des services critiques de la plateforme ;
- assurer la résilience multi-sites face aux incidents techniques, sinistres ou indisponibilités partielles ;
- garantir des temps de réponse compatibles avec les échanges synchrones propres à X-Road, fondés sur des interactions sécurisées en temps réel entre systèmes ;
- permettre la montée en charge progressive du nombre d’administrations raccordées, de services exposés, de transactions et de volumes de logs ;
- rationaliser l’usage des trois data centers nationaux et des data centers sectoriels, dans une logique d’hébergement centralisé avec extensions ou fédérations ciblées ;
- garantir une observabilité complète de la plateforme, incluant la supervision technique, le suivi des transactions, la métrologie, le capacity management, les health checks et l’alerting ;
- assurer la protection des données, la traçabilité, l’auditabilité et la sécurité des communications ;
- organiser l’exploitation, la supervision, la sécurité, la sauvegarde et la reprise d’activité ;
- préparer une trajectoire vers un cloud gouvernemental interopérable, sans imposer dès la première phase des investissements lourds ou une architecture surdimensionnée.
Le prestataire devra proposer des scénarios comparés d’hébergement, de résilience, de continuité et d’exploitation, assortis de recommandations argumentées. Ces scénarios devront notamment analyser les options d’hébergement centralisé, multi-sites, hybride ou progressivement fédéré, en tenant compte des capacités existantes, des contraintes opérationnelles, des coûts, de la sécurité, de la gouvernance, de la disponibilité et de la pérennité de la plateforme.
L’architecture proposée devra couvrir les exigences minimales de résilience suivantes :
- tolérance à la panne d’un nœud applicatif ;
- tolérance à la panne d’un composant réseau critique ;
- tolérance à la panne d’un site primaire ;
- mécanismes de sauvegarde et de restauration testés ;
- mécanismes de Plan de Reprise d’Activité et de Plan de Continuité d’Activité documentés ;
- gestion sécurisée des certificats, des clés, des audits et des signatures de configuration, notamment pour les composants centraux X-Road.
Sur le plan de la performance, l’infrastructure devra permettre :
- une faible latence intra-plateforme ;
- une qualité de service stable pour les échanges API, SOAP et REST transitant par X-Road ;
- l’absorption de pics de charge sans dégradation critique du service ;
- la séparation des flux d’administration, de supervision, de production et de sauvegarde ;
- une optimisation progressive par scale-out plutôt que par des achats lourds initiaux.
En matière de haute disponibilité, le prestataire devra concevoir une architecture intégrant :
- la redondance des composants centraux de la plateforme ;
- une architecture active/passive au démarrage, évolutive vers une architecture active/active partielle sur certains composants ;
- une réplication adaptée des bases de données, registres, journaux et configurations ;
- des mécanismes de bascule contrôlée et de retour arrière ;
- l’usage éventuel de plusieurs nœuds centraux X-Road connectés à une base partagée hautement disponible, si ce mode est retenu, conformément aux principes de haute disponibilité du Central Server X-Road.
La mission inclura également un benchmark comparatif des architectures PINS/X-Road ou plateformes d’interopérabilité mises en œuvre dans des pays comparables au Sénégal, notamment en Afrique. Ce benchmark devra permettre d’identifier les bonnes pratiques, les risques, les modèles de gouvernance technique, les options de dimensionnement, les modalités d’exploitation et les modèles de pérennisation des investissements pertinents pour la future PINS.
3. Principes directeurs d’architecture
Le prestataire devra respecter les principes suivants :
Principe 1 — Start small & scale
Commencer avec un socle minimal robuste, puis ajouter de la capacité au fur et à mesure de la croissance des usages :
- Phase 1 : socle national mutualisé, simple, industrialisé, hautement prioritaire ;
- Phase 2 : renforcement de la redondance et des capacités ;
- Phase 3 : fédération étendue avec certains data centers sectoriels et extension vers un modèle national distribué.
Principe 2 — Mutualisation nationale
Prioriser l’hébergement des composants centraux dans les data centers nationaux SENUM, déjà positionnés comme socle mutualisé de l’État.
Principe 3 — Fédération maîtrisée
Permettre aux data centers sectoriels (Douanes, Senelec, DTAI, etc.) :
- soit d’héberger leurs Security Servers / passerelles d’accès ;
- soit d’héberger des services métiers spécifiques ;
- sans dupliquer inutilement le cœur central national.
Principe 4 — Sécurité by design
L’architecture doit intégrer :
- segmentation réseau ;
- chiffrement des flux ;
- gestion sécurisée des secrets et certificats ;
- journalisation centralisée ;
- sondes, SIEM/SOC, détection, corrélation et réponse à incident ;
- principes Zero Trust pour les accès d’administration.
Principe 5 — Standardisation et exploitabilité
Privilégier :
- standards ouverts ;
- automatisation ;
- observabilité native ;
- documentation complète ;
- transférabilité des compétences vers les équipes nationales.
4. Étendue et périmètre de la mission
Le périmètre de la mission couvre l’ensemble des besoins techniques et organisationnels relatifs à l’infrastructure supportant la PINS, y compris les environnements de développement, intégration, homologation, préproduction, production et, le cas échéant, secours ou reprise après sinistre.
4.1 Composantes techniques concernées
- Composants centraux X-Road et services d’administration associés ;
- Serveurs de sécurité, mécanismes de journalisation, de traçabilité et de supervision ;
- Infrastructures de calcul, de stockage, de sauvegarde, de virtualisation ou de conteneurisation ;
- Réseaux, segmentation, pare-feu, équilibrage de charge, interconnexions et services techniques transverses ;
- Dispositifs de gestion des identités techniques, de certificats et de confiance numérique ;
- Composants de continuité d’activité, haute disponibilité, PRA/PCA et observabilité.
- Options d’hébergement dans le cadre du Cloud Souverain Distribué, incluant les scénarios d’hébergement centralisé chez SENUM, distribué dans les institutions sectorielles hôtes, ou hybride
4.2 Volet spécifique confiance numérique et intégration PKI-SN
- Exigences d’interfaçage entre la PINS/X-Road et la PKI-SN ou l’infrastructure nationale de confiance numérique ;
- Identification des certificats nécessaires aux composants centraux X-Road, serveurs de sécurité et services d’administration ;
- Mécanismes de validation de statut, de révocation et de publication applicables à la PINS (CRL, OCSP ou équivalent), en cohérence avec la PKI-SN ;
- Exigences de protection des clés et des secrets critiques utilisées par les composants PINS, sans duplication des dispositifs HSM ou cérémonies de clés relevant de la PKI nationale ;
- Cycle de vie des certificats utilisés par la PINS : demande, émission, renouvellement, rotation, révocation et impacts opérationnels ;
- Rôles, responsabilités, auditabilité et procédures d’exploitation propres à l’usage des certificats par la PINS, en articulation avec la gouvernance de la PKI-SN.
5. Prestations attendues du cabinet
5.1 Revue documentaire et cadrage
Le cabinet procédera à une revue exhaustive de la documentation disponible relative à la PINS (l’écosystème X-Road), aux orientations d’architecture, aux politiques de sécurité, aux standards d’interopérabilité, aux cas d’usage prioritaires et à tout document technique ou institutionnel jugé pertinent. Il proposera ensuite une note de cadrage méthodologique détaillant l’approche, les outils, le calendrier et la gouvernance de mission.
5.2 Collecte et consolidation des besoins
Le cabinet organisera des entretiens et ateliers de travail avec les parties prenantes concernées afin de recueillir les besoins métiers et techniques, documenter les hypothèses de charge, identifier les contraintes de connectivité et de sécurité, ainsi que préciser les exigences de disponibilité, de performance et d’évolutivité.
5.3 Diagnostic de l’existant
Le cabinet réalisera un état des lieux des infrastructures existantes, de leur niveau de maturité, des dispositifs de sécurité, des moyens d’exploitation, des capacités d’hébergement et des éventuelles briques de confiance numérique existantes pouvant être prises en compte dans un scénario cible ou transitoire.
5.3 Benchmark et modèles de pérennisation des investissements
5.4 Définition de l’architecture technique cible
Le cabinet définira l’architecture logique et physique cible de la PINS, les environnements, les composants et les flux, ainsi que les exigences d’hébergement, de connectivité, de sécurité périmétrique, de journalisation, de supervision et de continuité de service.
Le cabinet produira en outre des TdRs pour la mise à niveau des SI/registres legacy et/ou le développement des couches d’adaptation nécessaires, ainsi que des cahiers des charges prêts à lancer pour l’acquisition de l’infrastructure requise pour la mise à l’échelle de la PINS.
Il devra également établir, après diagnostic, une cartographie de maturité d’intégration des systèmes d’information et registres métiers prioritaires à connecter à la PINS, incluant les besoins de couches d’adaptation, les dépendances techniques et une estimation des coûts d’interconnexion. Cette analyse devra permettre d’éviter une sous-estimation de l’effort réel de passage à l’échelle.
5.5 Modèle économique et d’exploitation de la PINS
Le cabinet devra produire, au titre de ce volet, un dossier complet sur le modèle d’exploitation de la PINS, comprenant au minimum l’organisation cible, la gouvernance opérationnelle, la matrice des rôles et responsabilités, les processus d’exploitation, le catalogue des services, les niveaux de service, les besoins en ressources humaines, le modèle de coûts, les scénarios d’exploitation comparés, le plan de transfert de compétences, le plan de transition et la feuille de route de mise en œuvre. Ce dossier devra être cohérent avec le dossier d’exploitation, le plan de supervision, les procédures de sauvegarde et de restauration, les procédures de bascule et de retour arrière ainsi que le dispositif de réversibilité prévus parmi les livrables de la mission
6. Exigences relatives à la confiance numérique et à l’intégration avec la PKI-SN
Compte tenu du rôle structurant des services de confiance numérique dans l’écosystème X-Road et dans la sécurisation des échanges interinstitutionnels, le cabinet devra consacrer un volet spécifique à l’identification des exigences de confiance numérique de la PINS et à son intégration avec l’infrastructure nationale de confiance numérique (PKI-SN) en cours de déploiement. Ce volet devra éviter tout chevauchement avec l’assistance technique dédiée à la PKI nationale et se concentrer sur les besoins propres à l’usage de la PKI par la PINS.
6.1 Analyse des besoins de confiance numérique
- Identifier les usages de certificats nécessaires au fonctionnement de la PINS et de ses composants ;
- Définir les besoins d’authentification mutuelle, de signature, de chiffrement, et de non-répudiation ;
- Préciser les niveaux d’assurance attendus selon les catégories d’acteurs et de composants.
6.2 Exigences d’intégration avec la PKI-SN
- Décrire les interfaces, dépendances et prérequis permettant à la PINS/X-Road d’utiliser la PKI-SN ou l’infrastructure nationale de confiance numérique, notamment pour l’émission et la validation des certificats techniques ;
- Préciser les référentiels, services de publication et mécanismes de validation de statut nécessaires au fonctionnement de la PINS, en cohérence avec les politiques et pratiques de certification de la PKI-SN;
- Préciser les interactions entre la PKI-SN et les composants X-Road, notamment les composants centraux, serveurs de sécurité, registres de membres, services d’administration et mécanismes de journalisation.
6.3 Besoins d’infrastructure liés à l’usage de la confiance numérique par la PINS
- Identifier les composants, équipements, segments réseau, bastions d’administration, dispositifs de sauvegarde et outils d’exploitation nécessaires à l’usage sécurisé des certificats par la PINS, en distinguant clairement ce qui relève de la PINS et ce qui relève de la PKI-SN ;
- Définir les exigences de durcissement, de contrôle d’accès, de journalisation renforcée, d’audit et de protection des secrets propres aux composants PINS ;
- Établir les exigences de disponibilité, de redondance et de reprise applicables aux services de confiance utilisés par la PINS, en cohérence avec les engagements de service de la PKI-SN.
6.4 Gouvernance et exploitation de l’usage des certificats par la PINS
- Définir les rôles et responsabilités entre MTN, SENUM, l’opérateur de la PKI-SN et les administrations membres pour la demande, l’émission, le renouvellement, la révocation, la suspension et la validation des certificats utilisés par la PINS ;
- Formuler des recommandations sur les procédures opérationnelles sensibles relatives à l’usage des certificats par la PINS, en cohérence avec la politique de certification et la déclaration des pratiques de certification de la PKI-SN ;
- Préciser les mécanismes de séparation des tâches, de double validation, de traçabilité et de gestion des incidents de compromission impactant la PINS.
6.5 Cycle de vie des certificats utilisés par la PINS
- Décrire les procédures opérationnelles relatives à la demande, l’émission, la distribution, le renouvellement, la révocation, l’archivage et la destruction des certificats utilisés par les composants PINS, en articulation avec les processus de la PKI-SN ;
- Identifier les impacts opérationnels de ces procédures sur la disponibilité de la PINS et recommander les mesures de mitigation appropriées, notamment pour éviter les interruptions de service lors du renouvellement, de la révocation ou de l’expiration des certificats.
6.6 Exigences de disponibilité
- disponibilité cible des composants critiques : ≥ 99,95 % en phase initiale ;
- objectif d’évolution vers 99,99 % pour les services prioritaires ;
- absence de point de défaillance unique sur les composants centraux ;
- au moins 2 nœuds pour les services critiques.
6.7 Exigences de disponibilité
- disponibilité cible des composants critiques : ≥ 99,95 % en phase initiale ;
- objectif d’évolution vers 99,99 % pour les services prioritaires ;
- absence de point de défaillance unique sur les composants centraux ;
- au moins 2 nœuds pour les services critiques.
6.8 Exigences de PRA/PCA
- définition d’un RTO et d’un RPO par classe de service ;
- PRA inter-sites documenté ;
- exercices de bascule obligatoires ;
- sauvegardes chiffrées et copies hors site ;
- rétention et restauration testées périodiquement.
6.9 Exigences de disponibilité
- disponibilité cible des composants critiques : ≥ 99,95 % en phase initiale ;
- objectif d’évolution vers 99,99 % pour les services prioritaires ;
- absence de point de défaillance unique sur les composants centraux ;
- au moins 2 nœuds pour les services critiques.
6.10 Exigences de performance
- support des montées en charge progressives ;
- capacité à ajouter des nœuds sans interruption majeure ;
- temps de réponse cibles à définir par classe de service ;
- gestion des pics de charge ;
- priorisation / QoS des flux critiques.
6.11 Exigences de sécurité
- conformité au cadre national de cybersécurité applicable ;
- séparation stricte des environnements ;
- MFA pour l’administration ;
- gestion centralisée des certificats ;
- traçabilité des actions sensibles ;
- intégration SOC / SIEM.
6.12 Exigences d’exploitabilité
- supervision 24/7 ;
- health checks ;
- tableaux de bord exécutifs et techniques ;
- runbooks ;
- inventaire ;
- procédures standardisées.
7. Résultats attendus
- Un diagnostic documenté de l’existant et des contraintes techniques du contexte de déploiement ;
- Une analyse détaillée et priorisée des besoins en infrastructure technique de la PINS ;
- Une architecture cible robuste, sécurisée, résiliente et évolutive de la plateforme centrale et des SI sectoriels ;
- Une définition détaillée des exigences de confiance numérique et d’intégration avec la PKI-SN, incluant les prérequis, interfaces, dépendances et impacts opérationnels pour la PINS ;
- Un dimensionnement prévisionnel par scénario de charge ;
- Une cartographie de maturité d’intégration des SI/registres legacy prioritaires, avec identification des couches d’adaptation nécessaires et estimation des volumes et coûts d’interconnexion ;
- Des recommandations comparées sur les scénarios d’hébergement et d’exploitation ;
- Une estimation budgétaire, des cahiers des charges/TdRs opérationnels et une feuille de route de déploiement progressive, incluant des marges de validation et de prise en charge des commentaires MTN/SENUM.
8. Livrables attendus
Le prestataire devra fournir au minimum :
- Rapport de cadrage et d’état des lieux
- Architecture de référence nationale
- Dossier d’architecture globale (HLD)
- Dossier d’architecture détaillée (LLD)
- Plan “Start small & scale” sur 3 phases
- Schéma directeur de résilience, PRA/PCA
- Plan de haute disponibilité
- Plan de sécurité de la plateforme
- Plan de supervision / observabilité
- Plan de capacité et trajectoire de montée en charge
- Dossier d’exploitation
- Procédures de sauvegarde et restauration
- Procédures de bascule/failback
- PV d’installation, configuration et tests
- Rapport de tests de performance et de résilience
- Plan de transfert de compétences
- Dossier de réversibilité
Tableau synthétique des livrables attendus
| N° | Livrable | Contenu attendu | Échéance indicative |
| 1 | Note de Cadrage | Compréhension de la mission, méthodologie, calendrier détaillé, outils de collecte, plan de concertation, plan de revue documentaire et modalités de prise en charge des commentaires. | Mois 1 |
| 2 | Rapport de diagnostic | État des lieux de l’existant, contraintes, risques, dépendances, maturité des infrastructures et cartographie préliminaire des SI/registres legacy prioritaires à connecter à la PINS. | Mois 1 à 2 |
| 3 | Rapport d’analyse des besoins et benchmark | Besoins infrastructurels, hypothèses de charge, exigences de sécurité, exploitation, résilience, benchmark comparatif d’architectures PINS/X-Road e ou plateformes similaires et analyse des coûts/volumes d’interconnexion. | Mois 2 |
| 4 | Rapport confiance numérique / intégration PKI-SN | Exigences de confiance numérique, interfaces avec la PKI-SN, certificats X-Road, validation de statut, impacts opérationnels et mesures de mitigation, sans duplication des activités du projet PKI national. | Mois 2 à 3 |
| 5 | Architecture technique cible et cahiers des charges | Schémas logique et physique, scénarios d’hébergement, dimensionnement, recommandations, TdRs pour les couches d’adaptation/legacy et cahiers des charges prêts à lancer pour l’acquisition d’infrastructure PINS. | Mois 3 |
| 6 | Rapport final consolidé | Version consolidée intégrant les commentaires, budget estimatif, feuille de route progressive, plan d’exécution et annexes techniques de consultation. | Mois 4 |
9. Méthodologie indicative
Phase 1 – Lancement et cadrage
Réunion de démarrage, revue documentaire initiale, validation de la méthodologie, cartographie des parties prenantes et planification détaillée.
Phase 2 – Collecte des données et diagnostic
Entretiens, ateliers techniques avec les équipes de SENUM en prenant en compte les exigences de l’AEG (Architecture d’Entreprise Gouvernementale), revue de l’existant, collecte des hypothèses de charge et inventaire des dépendances techniques. Le respect de l’AEG et du Cadre National d’Interopérabilité constitue une contrainte structurante de la mission : toute architecture proposée devra démontrer explicitement sa conformité à ces référentiels institutionnels.
Phase 3 – Analyse, modélisation et scénarios
Conception de l’architecture cible, analyse des exigences de confiance numérique et d’intégration avec la PKI-SN, dimensionnement, benchmark comparatif de plateformes d’interopérabilité/X-Road, scénarios d’hébergement, résilience, exploitation et cartographie de maturité d’intégration des SI/registres legacy prioritaires.
Phase 4 – Restitution intermédiaire et arbitrages
Présentation des options, validation des hypothèses structurantes et recueil des observations des parties prenantes.
Phase 5 – Finalisation
Production des livrables définitifs, intégration des commentaires, restitution finale et transfert de connaissance.
10. Durée indicative de la mission
La durée prévisionnelle de la mission est estimée à quatre (4) mois à compter de la notification de démarrage. Cette durée tient compte de la complexité de la mission, du nombre de parties prenantes, de la nécessité de réaliser un benchmark, de la cartographie de maturité des systèmes legacy, de la production de cahiers des charges opérationnels et des délais nécessaires à la revue, à l’arbitrage et à la prise en charge des commentaires du MTN, de la SENUM et de l’Unité de Coordination du PAENS.
11. Profil du cabinet
Compte tenu de la complexité de la mission, de la diversité des expertises requises et des livrables attendus, le prestataire devra être un cabinet disposant d’au moins 10 ans d’expérience dans le domaine de l’étude et d’une expérience confirmée dans les études d’architecture technique, les infrastructures critiques, l’interopérabilité gouvernementale, la cybersécurité, la confiance numérique/PKI et les projets de transformation numérique du secteur public (au moins 3 missions pertinentes).
- Un chef de mission senior disposant d’une forte expérience minimale de 10 ans en architecture d’entreprise, transformation numérique publique ou gouvernance des systèmes d’information ;
- Un expert infrastructure / datacenter / cloud / continuité d’activité disposant d’une expérience minimale de 10 ans dans son domaine ;
- Un expert réseau et connectivité disposant d’une expérience minimale de 10 ans dans son domaine;
- Un expert interopérabilité disposant d’une expérience minimale de 10 ans dans les systèmes d’information complexes et justifiant d’une expérience avérée sur des déploiements X-Road (au moins 2 missions) en contexte de pays en développement ou d’administration publique africaine et, de préférence, une expérience sur X-Road ou des solutions équivalentes ;
- Un expert PKI / confiance numérique / gestion des certificats disposant d’une expérience minimale de 10 ans dans son domaine ;
- Un expert cybersécurité, supervision et exploitation des environnements critiques disposant d’une expérience minimale de 10 ans dans son domaine ;
12. Modalités de pilotage et de validation
La mission sera conduite sous la coordination de l’Unité de Coordination du PAENS, interlocuteur contractuel de l’activité, avec la supervision institutionnelle du MTN (Delivery Unit et DTIC) et l’appui technique de la SENUM en tant qu’opérateur de la PINS. Un dispositif de pilotage sera mis en place comprenant une réunion de lancement, des réunions de suivi périodiques, des ateliers de restitution intermédiaire, des temps formalisés de prise en charge des commentaires et une validation finale des livrables. Le cabinet veillera à assurer une communication régulière, structurée et orientée décision tout au long de la mission.
13. Critères de qualité attendus
- Rigueur analytique et qualité de la documentation produite ;
- Cohérence entre diagnostic, recommandations et scénarios proposés ;
- Pragmatisme des options de mise en œuvre ;
- Prise en compte explicite des enjeux de souveraineté, de sécurité et d’exploitabilité ;
- Niveau de détail suffisant pour éclairer les décisions d’investissement, de passation des marchés et de déploiement.
14. Méthode de sélection du consultant
La firme sera sélectionnée suivant la méthode de « Sélection fondée sur la qualité et le Coût (SFQC) conformément au Règlement de passation des marchés pour les Emprunteurs sollicitant le Financement de Projet d’Investissement (FPI) daté de juillet 2016, révisée en novembre 2017, aout 2018 et novembre 2020.
